Borneo (Annoté par Shérif)
Arrivée à Bornéo et plus précisément à Kota Kinabalu, je rentre pour la sixième fois en territoire malaisien. Ces douaniers doivent se demander quel trafic je fais :)
C’est ici que le reste de la bande nous rejoint depuis Singapour. Comme eux atterrissent un peu plus tard, on part déjà à l’hôtel (Lavender lodge) où nous recevons un dortoir pour 6 personnes, c’est parfait ! On a de grosses lessives (dixit Philippines) qui nous attendent, on a donc de quoi s’occuper en attendant leur arrivée.
Grandes retrouvailles avec Steph et Shérif donc ! On rencontre aussi Chloé, une amie de Stéphane qui voyagera avec nous à Bornéo et une partie de la Thaïlande. Ce soir, nous mangeons seafood ! On prend plusieurs plats pour nous tous, c’est très bon mais on craque quand même aussi pour les roti prata (crêpes indiennes) qui nous ont manqué aux Philippines.
Petite remarque sur l’Euro qui en ce moment est en pleine crise ! Alors qu’il y a encore quelques semaines, nous divisions le ringgit par 5 pour obtenir des euros, nous devons à présent diviser par 4. C’est donc près de 20% de pouvoir d’achat que nous avons perdu !
Jour 1 (10 mai) : Pour cette première journée à Bornéo, comme nous n’avons rien de prévu encore, on décide de partir sur l’île Manukan proche pour faire bronzette.
Elle est évidemment touristique et je m’énerve quand je vois le gâchis que l’homme peut faire avec de tels endroits. L’eau est polluée de sacs plastiques et autres trucs, l’île est à certains endroits en mode abandon (terrain de tennis). Il n’y a pas de respect pour la nature. On y passe l’aprem tranquille et rentrons juste avant qu’il ne pleuve. Et oui, semblerait que ce soit la mousson en ce moment !
Apéro sur l’embarcadère, je suis à la recherche d’un bon pineapple juice (ils étaient rares aux Philippines). Comme d’habitude diront ceux qui me connaissent ici en Asie!Les saoulerais je un peu ?
Retour à l’hôtel et organisation des prochains jours ! On décide de louer une grosse voiture dans laquelle nous rentrerions tous les 6. Road trip pour les 3 prochains jours !
Quelques rotis prata, et un petit repas dans un resto où des chanteuses chantaient et dansaient affreusement mal et nous sommes au lit dans notre dortoir !
Jour 2 (11mai) :
Départ en voiture ! Evidemment, il y a quelques difficultés : On roule à gauche ici, notre carte n’est pas claire du tout et le style de conduite à adopter est certainement plus agressif qu’en Belgique.
Les premières minutes sont stressantes. En témoigne, une phrase de Steph : « Ouhlalala, c’est la crise la, fais des tours de rond point.» ou encore Frank au volant : «Attends, il est où mon klaxon, c’est quand même important dans ces pays».
Nous nous faisons même une mini frayeur quand on explose le rétroviseur droit d’un mini-bus qui était sur le bord de la route. Poliment on s’arrête et on donne au chauffeur 50 ringgit ou 12euro pour ne pas avoir plus de problème. Ouf notre voiture n’a rien.
Ca y est, les garçons sont comme rentrés dans un jeu vidéo où les points bonus tombent quand on « choppe » quelque chose sur la route. Le rétroviseur ne vaut pas grand-chose. Pour faire beaucoup de points en une fois, il faut viser les nombreuses vaches en travers de la route, les scooters ou encore les chiens qui se reposent sur la route.
Enfin, on parvient à s’orienter et une fois définitivement sortis de Kota Kinabalu, la route à empreinter est déjà plus simple. Mais c’est que ca grimpe et la voiture (automatique) a du mal. Elle change de vitesse quand il ne le faut pas, et vice versa.
En permanence, nous cherchons après le mont Kinabalu haut de 4000m. A la base, nous venions à Bornéo pour le grimper mais les prix étant exorbitants, nous avons dû y renoncer. Mais voila, il est caché derrière les nuages et on se dit que probablement nous n’aurions pas eu une vue incroyable depuis là haut, ce qui nous réconforte.
Les paysages quant à eux sont spéciaux: Une déforestation massive s'est mise en route afin de créer toujours plus de champs de palmier. On y récolte de l'huile de palme à grande échelle: c'est une huile qui se retrouve dans nos cosmétiques et notre nourriture (pourtant il semblerait qu'elle soit mauvaise pour la santé). mmmh.
Il nous manque de la musique… On aurait du faire des CD avant de partir… On en a trouvé un dans le lecteur CD de la voiture mais c’est n’est pas de la musique mais du bruit ! Seule la première, intitulée « Are you ready for some more” nous fait encore bien rire.
Après quelques heures de voiture, nous arrivons aux Fot Fprings ( invention qui consiste à remplacer la première lettre d’un mot parce qu’il est « fake » pour un gain de salive en évitant de dire « fausse hot spring ») du parc Kinabalu. Tickets pris, on est curieux de voir en quoi consistent les sources d’eau chaude et c’est assez spécial: ce sont des baignoires « publiques » auxquelles on ouvre le robinet d’eau chaude et l’eau froide pour refroidir la température monstrueusement chaude. Les touristes ici sont tous Malaisiens. On s’éloigne un peu pour tomber sur une jolie cascade, celle-ci bien froide, ca a le chic de nous rafraichir car par cette chaleur, des hot Springs ce n’est pas forcément ce dont on a envie.
Mini lunch et c’est reparti en voiture pour encore un long voyage puisqu’il nous faut traverser d’Ouest en Est l’île jusqu'à une petite ville appelée Sandakan.
La route est difficile : Macadam inexistant par endroit et averse de pluie… et puis la nuit et de la buée sur le pare brise causée par les pieds de Chloé qui étaient posés sur le dashboard et que nous sommes incapables de faire disparaitre s’y mêlent. Heureusement les conducteurs (Steph et Frank jusqu’à présent) gèrent bien la conduite et nous arrivons en soirée en ville.
Steph se prend cependant un fou rire à propos des belges en pleine conduite. Ce sont 4 mois de belgicisme qui ressortent : Le « à tantôt » le « hUIt plutôt que huit (je n’entends toujours pas la différence), l’essuis plutôt que la serviette ou encore « quizz » et pas « quizz » (là non plus je n’entends pas la différence), le mélange du sens des mots pouvoir et savoir et enfin les mots blocus et syllabus (retenus ainsi « Blocus du Syllabus »), sont visiblement gravés à jamais dans sa tête …
Finalement, on arrive et on choisit notre hôtel même si j’avais, plus tôt, téléphoné pour en réserver un. Celui où nous restons a une sympathique terrasse sur le toit pour prendre le petit déj. Nous recevons une chambre de 4 (les garçons) et une de 2 personnes (les filles).
Sandakan est sur la côte alors pour manger le soir, on trouve un coin sympa en bordure de mer. Il y a plein de restaurants tous assez bruyants et nous choisissons un peu au pif. Par contre, on avait entendu dire que cette ville était bien pour sa night life pcq elle concentre beaucoup de riches (le saint-tropez malaisien ?), ce n’est malheureusement pas trop le cas. Comme dit toujours Steph, c’était de la fightlife.
Donc un repas simple avant retour dodo.
Jour 3 (12 mai): Errance mentale et décisionnelle dans le groupe. Nous ne savons plus quoi faire. On vient d’arriver trop tard pour le feeding time des orangs outans.
Que faire ? Repartir en voiture déjà maintenant et finalement avoir fait toute cette route pour rien ? Aller voir la turtle island qui ne nous inspire pas plus que ca ? Ou aller voir d’autres singes ?
Après réflexion, on décide de se rendre dans un autre sanctuaire pour singes où des probiscis (singe avec un long nez) vivent. Nous arrivons juste à temps pour le feeding time et l’instant est assez sympa. Après une bonne demi-heure passée à observer nous cousins, on se rend au restaurant du sanctuaire. Il vient probablement d’être construit et même si le bâtiment est immense et que nous ne sommes pas les seuls clients ce midi, le restaurant n’a que deux menus ! Il y a quand même des illogismes dans ce pays.
Après le dîner, les garçons se trouvent des hamacs parfaits pour une petite sieste. Tandis que Steph et Frank y restent, le reste du groupe part pour le second feeding time de la journée au parc des orangs outans. Cette fois, nous arrivons bien à l’ avance et rentrons les premiers dans le parc qui ferme sur l’heure du midi.
En avançant le long du chemin nous tombons alors sur deux orangs outans qui se trouvent sur notre route. D’abord stressés (sauf le bo gosse Sherif), on les approche petit à petit. Nous sommes morts de rire quand l’un d’eux accroché à une branche se casse la gueule par terre. La branche l’a suivie, ce singe fout la merde dans la jungle (termes de Shérif). Un peu sonné, le singe se relève et commence alors tout un jeu amoureux entre les deux singes qui nous confirme que le maladroit est une femelle (Annotation de shérif: Bien évidemment ! – voyez comme les femmes sont considérées dans ce groupe). Nous passons beaucoup de temps seuls à les observer et pas seulement les observer puisque Shérif décide de se lancer dans une expérience qui consiste en étudier la réaction du mâle quand un homme courtise la femme orang outan. Résultat : La femelle est attirée – ils se tiennent par la main et même, elle ne veut pas lâcher Shérif - et le mâle veut la caméra ! Bref, superbe moment inédit. Le feeding time est par contre clairement décevant. Probablement parce que nous avons été très gâtés un peu plus tôt. Nous sommes à plus de 30 m de la nourriture et les orangs outans mangent dos à nous (doivent un peu trop se sentir comme dans un zoo). Malgré que le parc soit rempli de quelques 200 animaux, seuls 3 sont au rendez vous. Viennent aussi se nourrir ou plutôt voler la nourriture : les macaques que nous connaissons de précédents voyages.
Et la visite se termine, on s’en va récupérer Steph et Frank et nous reprenons la route direction cette fois le nord de l’île (mais la route est la même que la veille pour une bonne partie), the tip of Bornéo. Cette fois, nous sommes armés d’un bon CD musique : Chloé a été l’acheter ce matin alors que tout le monde dormait encore et Frank l’a gravé depuis son itunes. A nouveau, la pluie se mêle et rend la route difficile. Nous devons à un moment quitter la route principale (de campagne pour comparaison belge) pour une route terriblement sinueuse. C’est Shérif qui roule, on est presque malade derrière et on se plaint ! Mais les plaintes des filles n’ont aucun résultat, il faut que ce soit Steph qui lève la voix pour que tout aille mieux. (grrrrr)
La route se fait de nuit et nous dormons derrière tandis que Frank copilote Shérif. Puis, voila que nous manquons cruellement d’essence dans ces villages morts après 20h. Que faire ? Entre temps, on se fait arrêter par la police qui s’inquiétait certainement de voir un « arabe » conduire 4 européens et un autre arabe endormi à l’arrière. Du coup, le contrôle dure quelques temps mais au moins la police nous indique une pompe à essence ouverte non loin de la. Le plein fait, on repart pour arriver finalement vers 1h du matin dans une ville (Kudat) toute endormie.
A présent, une nouvelle mission nous attend : trouver un hôtel ! Une vraie catastrophe ! On tape à la porte de plusieurs mais seul un nous ouvre, Hotel Kai Dai. A l’intérieur, nous attend probablement la pire nuit de notre semestre: 2 chambres sans peinture, aux lits sans sommier et sans draps, aux sols sales. Les sanitaires sont ce qui nous repousse le plus quand, summum de la saleté, on voit quelqu’un pisser contre le mur de la douche – (A noter qu’en Asie le sol de la douche et des toilettes ne font qu’un, c’est comme ca partout ici, une douche séparée c’est dans les hotels de luxe qu’on la trouve). Tout puait. Bref, réveil à 7h et pas de douche pour aucun d’entre nous, nous puerons pour ce quatrième jour à Bornéo.
Jour 4 (13 Mai) : Pas frais, nous reprenons la route pour une petite heure, direction le fameux rond point au Tip de Bornéo. Au centre du rond point se trouve un « magnifique pneu » ou un genre de mappe monde 3D. Avec une petite poussée aux fesses, Sherif réussi à grimper dessus pour une supER dupER (prononcez supeeuur) photo.
Encore quelques photos de cette jolie vue, et nous découvrons une des plus belles plages du semestre. Une longue étendue de sable blanc et de l’eau transparente. Les heures passent, et on doit déjà prendre la route du retour. Steph est tout attendri quand on offre notre ballon (acheté le matin) à un petit écolier TOUT MIGNON qui parle anglais (« Thank you » du moins) à à peine 7 ans déjà.
Ayant faim, on passe par un « frive frough » pour un « bon » bucket de KFC qui est un genre de Mc Do pour du poulet frit. Perso, j’ai trouvé ça dégueulasse. Le reste de l’après-midi se résume à rouler d’une traite jusqu'à notre hôtel de Kota Kinabalu.
En route, on est content d’avoir enfin une illumination : Les milliers de panneaux « AWAS » placés le long de la route et que nous avions supposé vouloir dire « Attention » à défaut de traduction, veulent en fait dire « Slow ». Cela aurait changé bien des choses dans nos longs trajets :)
Nous gardons cependant la voiture jusqu’en soirée pour ensuite la rendre a l’aéroport. Mais, encore une fois, il ne reste plus d’essence. Pour rendre le trajet plus intéressant, on décide de ne rajouter que 2L, et de se créer notre propre challenge qui consiste à arriver en moins de 10 minutes au mauvais terminal et de recommencer la partie pour le bon terminal (alors qu’il restait masse de temps). A l’aéroport, l’avion a du retard, ça nous vaudra un voucher de 50 euros plus tard! Enfin on décolle pour KL où nous passons le reste de la nuit. Tôt le matin, nous volons sur Chiang Mai en Thaïlande!
Ski Jump & Oakley Artic Challenge
Il y a 16 ans
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